Concevoir les archives numériques : le vrai défi de notre époque

Interrogez n’importe lequel de nos membres sur leurs archives et il y a fort à parier qu’ils vous parleront de leurs collections numériques. Peu étonnant, car à la Digital Preservation Coalition (Coalition pour la préservation numérique, DPC), notre vision des archives englobe nécessairement les archives numériques.

Implantés dans dix pays répartis sur trois continents, nos membres actuels sont issus de différents secteurs. Ils représentent des entreprises internationales, des institutions chargées de la conservation de la mémoire nationale ou locale, des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, des médias, des investisseurs stratégiques, des bailleurs de fonds et des associations professionnelles. Leurs collections peuvent donc comprendre aussi bien des documents commerciaux que des témoignages oraux, des contenus extraits de comptes de réseaux sociaux d’entreprise que des créations graphiques ou encore des logiciels ou des sites web.


La DPC (Digital Preservation Coalition) rassemble une large gamme de secteurs et de types d’organisations qui travaillent ensemble, et en collaboration avec le personnel de la Coalition, sur des questions liées à la sensibilisation, au développement, à la formation, aux bourses, aux publications, à la recherche et à la normalisation en matière de conservation numérique.

Les défis qu’ils ont à relever sont souvent complexes. Nos membres sont constamment en train de surveiller, concevoir, piloter et gérer activement des matériaux, systèmes et flux de travail numériques pour assurer leur conservation dans la durée face aux risques d’obsolescence technologique et de dégradation. Il va sans dire qu’ils font tout cela en sachant pertinemment que le volume de supports numériques à préserver ne cessera d’augmenter dans des proportions importantes au fil des ans.

Mais c’est une donnée à intégrer. Les membres de la DPC et les acteurs de la préservation numérique en sont conscients. Ils savent que les archives numériques représenteront à terme la norme, qu’à l’avenir toutes les archives auront une composante numérique.

Si nous les interrogions sur l’idée qu’ils se font du fonds numérique « parfait » (ce qui est encore une tout autre histoire), ils répondraient très probablement que la collaboration est une nécessité (personne ne disposant de toutes les compétences) ; qu’il est essentiel de savoir défendre et expliquer la valeur de ce que l’on possède et de ce que l’on fait ; que plus on intervient tôt dans le cycle de vie d’un objet numérique, plus on a de chances de le préserver ; et que cette préservation numérique n’est pas une simple question de stockage (la petite phrase sur toutes les lèvres). La technologie est certes un élément important, mais il est tout aussi impératif de disposer de règles et de procédures fiables, de ressources durables et d’un personnel qualifié.

Ils vous diraient aussi que, dans un secteur en développement, il est important de construire un ensemble de pratiques communes et que c’est là l’un des avantages majeurs de leur adhésion à la DPC. Pour y contribuer, nous aidons nos membres par une série d’actions : sensibilisation, création de solidarités, formation, bourses, publications, recherche, contribution à la définition de normes et soutien direct.

En définitive, ce qui compte le plus en matière de conservation numérique est d’aller de l’avant, faire quelque chose, aussi modeste que cela puisse paraître. Cela sera toujours mieux que de ne rien faire. Plus le temps passe sans intervention aucune, plus le défi sera grand – et le risque de perdre des documents importants augmentera de manière exponentielle. Pour vous aider à imaginer ce que ce « quelque chose » pourrait être, nous vous recommandons de consulter les ressources en accès libre de notre Base de connaissances, notamment notre manuel de conservation numérique (Digital Preservation Handbook), nos notes thématiques (Topical Notes), destinées aux non-spécialistes, ainsi que les rapports de veille technologique (Technology Watch Reports) et le guide du dirigeant (Executive Guide).

Les archives numériques sont une réalité à laquelle aucun d’entre nous ne pourra échapper, et le plus grand danger qui pèse sur l’information numérique est celui de l’inaction. Alors ne perdons pas de temps, agissons !

Par Sarah Middleton, Responsable communication et sensibilisation, et Sharon McMeekin, Responsable du développement des personnes et des compétences, Digital Preservation Coalition